jeudi 29 janvier 2009

GREVE GENERALE!!!

Des fois, en voyage on est au mauvais endroit au mauvais moment. Mais à d'autres occasions, on est au bon endroit au bon moment. C'est ce qui m'est arrivé aujourd'hui alors que les divers syndicats de France ont décrété la grève générale dans tout le pays. J'ai donc pu assister avec beaucoup d'intérêt à cet événement et en bon journaliste du dimanche, voici ce qui a capté mon attention.

De ce que j'ai pu comprendre en lisant les journaux, les premiers motifs de la grève se rapportent à la crise économique. On demande au gouvernement, en sortant dans les rues, de lancer plus de travaux publics, de diminuer les diverses cotisations que les contribuables français doivent payer et de ne pas supprimer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, le tout pour faire mieux face à la crise. On demande aussi, de manière plus générale, de revoir le système boursier qui se dévoile être un échec, ainsi que le capitalisme en tant que tel.

Mais la première chose qui m'a frappé, c'est que les gens qui sont dans la rue sont "en colère", comme il est écrit sur bon nombre de pancartes, mais pour toutes sortes de raisons différentes. En fait, les revendications dépassent largement celles qui sont à l'origine de la grève. Les gens militent pour le droit des sans-papiers, pour un meilleur soutien vis-à-vis des chômeurs, pour un meilleur traitement des prisonniers, pour des classes moins grandes dans les écoles, pour le financement des maternelles, pour de meilleures conditions pour les éducateurs (professeurs) et même, quoique c'était très marginal, pour les palestiniens! Mais ça ne s'arrête pas à ces revendications positives. Ils militent aussi contre le système boursier, contre les "cadeaux" faits aux banques irresponsables, contre le capitalisme, contre les politiques gouvernementales en toutes sortes de domaines (éducation principalement), et, bien entendu, contre Sarkosy qui écoppe sur des affiches de toutes sortes.

On peut donc se demander ce que le gouvernement peut comprendre de tout ça. Les Français sont insatisfaits et veulent du changement. Mais quoi exactement, c'est difficile à dire. Et les Français ont tendance à demander l'impossible. Bref, je ne connais pas assez bien la culture de la grève en France pour bien comprendre ce que pourraient être ses effets et ce que les gens peuvent bien espérer réaliser par elle. Tout de même, j'ai de la misère à imaginer que ça puisse avoir un effet tangible quand autant de causes sont représentées et que le message est aussi diffus.

J'ai pourtant une grande sympathie pour les gens qui sont descendus dans la rue pour, principalement, deux raisons. Ce sont des idéalistes pour la plupart qui veulent une réforme complète du système capitalisme comme il est pratiqué aujourd'hui puisqu'ils y voient de graves injustices. Et j'aime bien les idéalistes : ils ont une répugnance naturelle pour ce qui est injuste et ils ne sont pas comme la plupart des gens qui, à force de baigner dans un monde injuste, abandonnent le projet de rendre leur monde meilleur.
Aussi, ce sont des gens qui croient pouvoir changer les choses. Ce ne sont pas des cyniques comme les gens chez nous qui se disent que ça ne sert à rien de descendre dans la rue parce que les politiciens, en bout de ligne, font ce qu'ils veulent. Ils restent au front et talonnent les dirigeants pour leur montrer qu'ils ne s'en sortiront pas aussi facilement...

Bref, ce fut une expérience vraiment très intéressante!

mardi 27 janvier 2009

Petit tour dans les calanques




On est allé aujourd'hui un peu à l'extérieur de la ville pour se promener dans les calanques. Plusieurs personnes nous avaient fortement suggéré d'y faire un tour et maintenant je comprends pourquoi. C'est magnifique. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit de grosses montagnes semi-désertiques qui se terminent abruptement sur le bord de la mer et qui forment de petites criques où les gens peuvent aller se baigner. Mais au lieu d'aller voir en bas, dans les petites baies, on a décidé d'escalader une montagne pour avoir une meilleure vue du paysage et de Marseille au loin. C'était épuisant et parfois difficile, mais ça vallait vraiment la peine. Vous pourrez en juger vous-même d'apres les photos...

samedi 24 janvier 2009

Marseille, here "I am"!!!


On est arrivé a Marseille avant hier en train. Avant même d'arriver a destination, on pouvait apercevoir son petit cote rebelle. Des graffitis tapissent les murs plus de 1km avant l'arrivée en gare. Mais, rien d'exceptionnel, a Paris c'est semblable. Ca met pourtant dans l'ambiance... Quelques minutes avant d'arriver enfin dans cette ville qui a captivé mon imagination depuis l'adolescence, j'ai grand hâte d'y mettre les pieds pour comprendre un peu mieux d'où le rap est né et pour visiter certains endroits auxquels on fait sans cesse référence dans les textes des groupes de rap marseillais les plus populaires.

On a du attendre au deuxième jour pour flaner dans la ville pour tenter de la comprendre un peu mieux. Il ne fait pas tres beau, dommage, mais ce n'est pas le froid qui va me retenir aujourd'hui. Ca fait plus de dix ans que j'attends ce moment... On se dirige d'abord au Vieux-Port, lieu de rendez-vous habituel pour les Marseillais lorsqu'il fait beau, et les rappeurs n'y font pas, à ce qu'on m'a dit, exception. Aucun à l'horizon par contre. Bien que je savais qu'il y avait une chance sur un million que je croise Akhenaton, Shurik'n ou le Rat Luciano, j'esperais tout de meme... Pas de chance.

On se dirige ensuite vers le vieux quartier du Panier, a l'intérieur de la ville vers le Nord et un peu en hauteur. On s'aventure dans de petites rues étroites, dans les plus vieilles de Marseille, qui transpirent carrément le rap. Je suis ici, ou tout a commencé, dans ce quartier qui a vu IAM grandir, dans lequel le Rat Luciano vit toujours à ce qu'il parait, et dont les rues ont été la scène du film d'Akhenaton, Comme un aimant. On n'y sent pas grand chose de la misere d'autrefois par contre, une affiche touristique nous indique que son cachet attire aujourd'hui une classe plus aisee. Par contre, Marseille ne connait pas l'étalage de richesses; elle est humble. Elle est une des seules villes, nous a-t-on dit dont le centre de la ville n'est pas bourgeois. Et c'est vrai il est loin d'être bourgeois. Il est même crade!

On se rend ensuite un peu plus en ville, dans le quartier Belsunce (tout pres du Panier) ou l'on rencontre une plus grande concentration d'arabes. Encore une fois on est loin du decor difficile qu'ont connu les rappeurs. Akh dit dans un texte :

"Belsunce 86, centre, dangereux d'squatter les bancs
Paroles fortes et conneries à 2Fr,
On en trouvait tremblants par terre dans le hall,
En train d'baigner dans leur sang."

Aujourd.hui les gens n'ont pas l'air particulièrement riches, mais pas particulierement hostiles pour autant. On demande des informations aux gens, ils nous repondent tres poliment, trop presque. Jusqu'à present on n'avait pas vu de signe de cette culture hiphop qui est pourtant tres developpee a Marseille. Finalement, dans un magasin de vêtements, plusieurs T-Shirts des groupes de l'heure (Medine - rappeur musulman tres revendicateur et les Psy4 de la rime, groupe marseillais qui a maintenant éclipsé IAM en France) captent mon attention. Les vendeurs sont pourtant d'une autre generation, ca fait bizarre de voir des casquettes NYC et des gros pantalons dans un magasin tenu par des arabes de'au moins 45 ans qui ne cachent pas leur allégeance à l'Islam et qui recolent même des fonds pour la reconstruction d'une mosquée...

On se rend ensuite dans quelques magasins de disques, histoire de voir si je peux récolter des CDs de rap classiques, voire mythiques. Il y a du rap partout, mais d'une autre generation. IAM est toujours bien representé, mais on met a l'avant plan les groupes de l'heure, Diam's, Kery James, Booba, Rhoff, etc. Je ne trouve rien d'occasion qui vaudrait la peine de trainer encore 5 mois en voyage, donc je resiste. J'essayerai de trouver a Paris dans ce cas.

La tournée de la ville est terminée pour la journee. J'aurais aimé pouvoir assister à un spectacle de rap, à une représentation de slam (poésie accapella dans les bars), mais ca ne semble pas bouger enormement de ces temps-ci sur la scence marseillaise. Dommage, j'aurais bien aimé pouvoir voir un spectacle a Marseille. Réelle déception. J'espere tout de meme trouver quelque chose a la dernière minute. J'vais aller faire quelques recherches sur internet. Souhaitez-moi bonne chance!

vendredi 23 janvier 2009

Changements de plans

Apres Barcelone, on etait supposé visiter le sud de la France pour un mois et ensuite aller directement en Italie. On a decidé de changer quelque peu nos plans étant donne que de nouvelles possibilités se sont récemment offertes a nous. On a rencontré un couple d'Allemands à Barcelone qui nous a dit que si jamais on passait par le sud de l'Allemagne, on pouvait rester dans un appartement qui appartient à des membres de leur famille et qui est souvent libre l'hiver. Ensuite, on vient d'apprendre que mon cousin (Cédric) allait en Suisse, à Berne, dès le mois de février pour y entreprendre des études. Finalement, un ami de l'école secondaire m'avait prévenu il y a quelque temps qu'il étudiait à Genève pour 2 ans et qu'on serait les bienvenus si jamais on passait par là (quoiqu'on n'ait pas encore réussi à le joindre). On va donc profiter de toutes ces occasions et visiter la Suisse après un court séjour dans le sud de la France.

Le nouvel itinéraire qu'on se propose pour la suite de notre voyage est donc le suivant : Montpellier, Marseille, Annecy, Geneve, Berne, Constanz. L'Italie du Nord suivra ensuite, comme prévu. On va donc pouvoir admirer les Alpes de tous les angles!

mardi 13 janvier 2009

Le fantastique monde de Dali


On est allé un peu à l'extérieur de Barcelone aujourd'hui pour visiter le musée Dali. Il s'agit d'un musée très différent de ce à quoi on est habitué. La première particularité est que c'est Dali lui-même qui l'a conçu dans sa quasi totalité (depuis sa mort, on y a annexé cinq salles pour y ajouter quelques oeuvres). La deuxième particularité est que Dali, ne pouvant pas faire les choses de manière conventionnelle, s'est amusé à faire de son musée un monde complètement éclaté. Les oeuvres sont éparpillées dans un vieux théatre tout remanié, où plusieurs salles deviennent elles-mêmes des oeuvres à part entière. Par exemple, dans la première salle que l'on visite, on retrouve une vieille Cadillac sur laquelle se trouve une grosse femme asiatique qui traîne avec l'aide d'une chaine un énorme bâteau qui se trouve plus de vingts pieds dans les airs. D'énormes fausses gouttes bleues pendent du bâteau en dessous duquel se trouve une statue de type classique qui se trouve prisonnière d'un pneu d'automobile... Bref, on a l'impression que Dali cherche à nous plonger dans l'une de ses toiles surréalistes. Et si tel était son plan, il réussit à merveille. Et je vous laisse imaginer la suite (c'est-à-dire imaginer l'inimaginable). Il ne s'agit que de la salle no.1 sur 22...! Bref, un pur régal!

dimanche 11 janvier 2009

Gaudí, maître incontesté


On a profité de la belle journée d'aujourd'hui (après une bonne semaine de froid intense) pour aller se promener sur la montagne de Tibidabo d'où on peut voir Barcelone au grand complet et pour visiter le parc Güell, conçu par Gaudí, ce maître incontesté d'architecture. Le parc est vraiment impressionnant, c'est le moins qu'on puisse dire. J'allais le décrire un peu pour vous, mais si vous n'y avez jamais mis les pieds, c'est inutile... Il faut le voir pour comprendre. La photo peut tout de même donner un petit aperçu... Un tout petit aperçu. Le jardin est truffé de ce genre de petites merveilles.
J'ai hâte à demain, on va visiter la fameuse Sagrada Familia, cathédrale qui peut être considérée comme le chef-d'oeuvre du même architecte. Pour décrire un peu l'ampleur du projet, on peut mentionner par exemple qu'elle est toujours en construction plus de cent ans après le début des travaux. Si vous ne connaissez pas, ça vaut la peine de faire une petite recherche sur internet. Ou vous pouvez toujours attendre qu'on revienne pour qu'on vous montre nos photos!

vendredi 9 janvier 2009

Pensées

Quelques pensées pour moi-même qui sont gribouillées par-ci, par-là dans mon carnet de voyage que j'ai décidé de partager avec vous. Des courtes phrases qui peuvent parfois évoquer plusieurs choses, parfois quelque chose de plus précis. Quelles sont vos préférées?

Réfléchir et tourner en rond, ou agir et risquer de tomber profond.

Il est si difficile pour l'homme de se perfectionner, pourtant si facile pour lui de se corrompre...

L'homme se meurt au fur et à mesure qu'il abandonne ses rêves les plus chers.

Comment pouvoir imaginer être bien à deux quand on n'est pas même bien avec soi-même?

Méfie-toi si tes réflexions te portent à croire que les meilleures idées et coutumes sont celles de ton époque.

Ce n'est pas parce que tu ne vois pas qu'il n'y a rien à voir - il se pourrait que tu sois aveugle;
Ce n'est pas parce que tu n'entends rien qu'il n'y a rien à entendre - il se pourrait que tu sois sourd;
Ce n'est pas parce que tu ne comprends pas qu'il n'y a rien à comprendre - il se pourrait que tu sois sot!

J'ai le regard neuf! Je sens que le monde se transforme, bien qu'il a toujours été là, identique, sous mes yeux. Il était là tout ce temps, pourtant je n'arrivais pas à le voir!

Non, je ne suis pas un individu, simplement l'extrémité de la branche d'un arbre qui ne cesse de pousser, de s'élever et de grandir.

Au cours de sa brève existence, l'être humain est appelé à répéter en accéléré l'histoire de l'humanité (il doit apprendre à nommer les choses, à lire, à échanger avec les autres; il doit apprivoiser le monde qui l'entoure, l'observer et l'interpréter correctement; il doit apprendre à se connaître lui-même, à reconnaître ses limites et à déterminer quelle voie entreprendre pour être en mesure de s'accomplir pleinement).

La sagesse est de reconnaître sa place dans le tout, et la justice, de respecter cette place qui nous revient.

Plus un artiste est grand, plus il est incompris ; par conséquent, le plus grand, et donc le plus incompris, est le Créateur.

Dans un monde sans Dieu, tout serait neutre. Dans ce monde-ci, l'homme a une sensibilité pour le Beau et une inclinaison naturelle pour le Bien.

Toujours écouter sa conscience est la chose la plus difficile pour l'homme - mais aussi la plus profitable : c'est suivre le chemin que nous indique le dieu qui sommeille en nous...

J'ai confiance en cette chose qui m'entoure et me pousse à avancer chaque jour... j'ai la foi.

Barcelona


Je suis présentement à Barcelone, perle citadine unique, mais aussi très intriguante. C'est incroyable à quel point l'architecture est importante dans notre perception d'un espace et d'une ville. Quelques édifices originaux ça et là, et toute une génération d'individus en quête d'une raison de vivre s'y rend pour se sentir exister. C'est là que ça se passe aujourd'hui. Pouquoi ici? Parce qu'un certain Gaudí et quelques autres moins connus ont décidé d'expérimenter avec les possibilités infinies des matériaux qui se trouvaient à leur disposition. Y'a aussi l'exotisme, la chaleur, le côté méditérannéen de l'Espagne qui sont attrayants, certes, mais pourquoi ici plutôt qu'à Madrid ou Valencia alors? Ma réponse est simple, mais peut-être trop peu nuancée: son originalité. Notre génération aime explorer des avenues nouvelles et osées. Les styles nouveaux, frais, uniques, énergiques, provocateurs (mais pas non plus exagérés comme tout ce qui se fait dans l'art contemporain) nous parlent plus que d'autres.

J'ai un blog!

Voila c'est fait. J'ai un blog.

Maintenant que vais-je faire avec? Je ne sais trop. Je vais y laisser quelques réflexions, quelques photos, des nouvelles bien entendu et peut-être plus. On verra bien. Le blog va se définir lui-même avec le temps. Ce sera peut-être un flop, peut-être quelque chose de bien, faudra laisser le temps trancher.

J'espère que vous vous y plairez.
Jacques aka Le troubadour